"L'été, avant de faire la sieste dans ma chambre d'enfant, je m'amusais à observer un grand théâtre d'ombre irisé au plafond. Je voyais tout ce qui se passait dehors malgré les volets fermés, les images se formant à travers un trou des persiennes. Ce fut ma première chambre noire. Plus tard, un maître d'école nous fabriqua une chambre noire dans un carton à chaussure. Un côté était percé d'un petit trou, le côté opposé remplaçé par un papier transparent. On voyait les objets apparaître à l'envers sur le fond translucide de la boîte."

Edouard Boubat, La photographie

 






Avant que la photographie ne soit inventée, on connaissait le principe de la lumière dans une chambre noire. Au 5ème siècle av. J.-C, en Chine, Mo Ti observa que les rayons du soleil passant à travers un trou décrivaient une image inversée mais exacte.
Au IVe siècle av. J.-C, le Grec Aristote décrivit l'image d'une éclipse solaire que les rayons lumineux projetaient en traversant le feuillage d'un arbre. Ibn Haytham, en Egypte, au Xe siècle, décrit dans son Optique les lois de la réflexion, remarquant que plus le trou est petit, plus l'image est nette.
Saint Cloud donne quelques méthodes pour observer les éclipses dans des chambres obscures.
Il est difficile de revendiquer la paternité de la camera obscura. Les premières descriptions de la camera obscura sont faites au XVIe siècle par les Italiens Léonard de Vinci, Battista della Porta et Daniel Barbaro.
Les rayons du soleil pénètrent dans la boîte à travers un trou appelé sténopé, du grec "stenos" (étroit) et "opê" (trou).
La chambre noire la plus simple est une boîte percée d'un petit trou : le sténopé. C'est par lui que pénètrent et se croisent les rayons lumineux. L'image qui se forme au fond de la boîte est inversée, de haut en bas et de droite à gauche. Les distorsions dépendent de la forme de la boîte.
Cette machine n'est pas seulement un instrument d'observation mais également un moyen de dessiner. Jusqu'au XIXe siècle, tout sera fait pour améliorer la qualité de l'image. On y ajoute une lentille, on adjoint des miroirs inclinés à 45° pour redresser l'image. La machine, qui devait à ses débuts être portée par deux personnes, finira, au XVIIIe, dans le creux de la main.

Il faudra attendre 1822 et le Français Nicéphore Niepce pour visionner l'une des premières photos réalisées… après huit heures de pose : la fameuse Vue du Gras.

 

 

Le sténopé - Fabrication
 
   
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