Avant que la photographie ne soit inventée, on
connaissait le principe de la lumière dans une chambre noire. Au 5ème siècle av. J.-C, en Chine, Mo Ti observa que les rayons du soleil
passant à travers un trou décrivaient une image inversée mais exacte.
Au IVe siècle av. J.-C, le Grec Aristote décrivit l'image d'une
éclipse solaire que les rayons lumineux projetaient en traversant le
feuillage d'un arbre. Ibn Haytham, en Egypte, au Xe siècle, décrit
dans son Optique les lois de la réflexion, remarquant que plus le trou
est petit, plus l'image est nette.
Saint Cloud donne quelques méthodes pour observer les éclipses
dans des chambres obscures.
Il est difficile de revendiquer la paternité de la camera obscura. Les
premières descriptions de la camera obscura sont faites au XVIe siècle
par les Italiens Léonard de Vinci, Battista della Porta et Daniel Barbaro.
Les rayons du soleil pénètrent dans la boîte à travers un trou appelé
sténopé, du grec "stenos" (étroit) et "opê" (trou).
La chambre noire la plus simple est une boîte percée d'un petit trou
: le sténopé. C'est par lui que pénètrent et se croisent les rayons
lumineux. L'image qui se forme au fond de la boîte est inversée, de
haut en bas et de droite à gauche. Les distorsions dépendent de la forme
de la boîte.
Cette machine n'est pas seulement un instrument d'observation mais également
un moyen de dessiner. Jusqu'au XIXe siècle, tout sera fait pour améliorer
la qualité de l'image. On y ajoute une lentille, on adjoint des miroirs
inclinés à 45° pour redresser l'image. La machine, qui devait à ses
débuts être portée par deux personnes, finira, au XVIIIe, dans le creux
de la main.
Il faudra attendre 1822 et le Français Nicéphore
Niepce pour visionner l'une des premières photos réalisées… après
huit heures de pose : la fameuse Vue du Gras.